La figure 4.8 montre la trajectoire de chacune des
trois coordonnées du point courant en fonction du temps.
et
sont en bas et
en haut. Pour un temps
compris entre 0
et
, on voit la trajectoire du système direct issue du point
, les croix représentant les instants où on
effectue des observations (ici,
). On relève à ces instants
les coordonnées exactes du point.
Pour un temps
compris entre
et
, on voit la solution du
problème rétrograde avec nudging
(4.21) utilisant comme condition
initiale l'observation du système au temps
(ici,
). L'impression de symétrie par rapport au temps
vient du
fait qu'entre les instants
et
, on remonte le temps en
partant de la condition finale obtenue au temps
à partir du
problème direct. Les constantes de nudging
,
et
ont
été choisies de façon optimale, ni trop faible pour éviter
à la solution de diverger, ni trop forte pour ne pas dénaturer le
problème. Les intégrations des différentes équations étant
suffisamment rapides, ces constantes ont été cherchées par
dichotomie de sorte à fournir les meilleurs résultats sur
plusieurs expériences dont les conditions initiales ont été
choisies aléatoirement.
À partir du temps
sont représentées d'une part en
pointillés la solution du problème direct (sans nudging) avec
comme condition initiale la solution finale du problème rétrograde
précédent, et d'autre part, en trait plein, la solution exacte du
problème, en utilisant la condition initiale
.
On constate alors que pour des temps compris entre
et presque
,
la trajectoire issue de la solution du problème rétrograde avec
nudging reste proche de la trajectoire de référence, et vers le
temps
, la trajectoire change de point fixe attracteur et va
osciller autour d'un autre point fixe. Cette méthode est donc
satisfaisante puisque, pour une durée (environ
) supérieure à
celle sur laquelle on a travaillé (
) en rétrograde, la
trajectoire approchée que l'on calcule reste très proche de la
trajectoire réelle.
|
Ces résultats nous permettent d'affiner le modèle en rajoutant des
erreurs dans les observations. Les figures 4.9-a et -b
sont analogues à la figure 4.8 dans le cas où les
observations relevées contiennent des erreurs de mesure, de l'ordre
de
pour la figure 4.9-a et de
pour
la figure 4.9-b. De plus, nous avons représenté
à partir du temps
(équivalent au temps
, fin de la
période d'assimilation et début de la période de prévisions)
en pointillés fins la trajectoire issue de la dernière observation
réalisée au temps
.
On constate que la figure
4.9-a ressemble beaucoup à la figure 4.8,
ce qui s'explique par le faible taux d'erreurs d'observation (néanmoins
suffisant pour voir les croix représentant les observations réalisées
en dehors de la trajectoire réelle). De plus, on constate qu'à partir
de l'instant
, la trajectoire issue de la dernière observation
(en pointillés fins) s'éloigne de la trajectoire réelle (en
trait plein) avant la trajectoire reconstruite par le nudging
rétrograde. Ceci tend à démontrer une certaine efficacité et
utilité de la méthode d'assimilation.
Par contre, lorsque les erreurs
sont plus importantes (figure 4.9-b), la trajectoire
prédite s'éloigne assez vite de la trajectoire réelle (après
à peine plus d'une oscillation pour
et
), tout comme la
trajectoire issue de la dernière observation (en pointillés fins).
Le nudging rétrograde semble donc relativement bien adapté à des problèmes hautement non linéaires, mais nous avons mis en avant les limites de cette méthode dans le cas du système de Lorenz : il faut que les observations soient suffisamment fiables, et ne pas travailler sur de trop grandes périodes de temps.