Le principe du nudging est le suivant : considérons un système
dynamique dont l'état à l'instant
est défini par un vecteur
de
, et régi par une équation différentielle
du type
Ces observations sont des vecteurs de
avec
. En effet,
généralement, les observations ne concernent qu'une partie du
système. Par exemple, il est assez difficile d'obtenir des
observations océaniques en profondeur et elles sont en quantité
négligeable par rapport aux observations de surface. Il faut donc
un opérateur
de projection de l'espace des vecteurs d'état
dans celui des vecteurs d'observation
. Nous avons
également besoin d'une matrice
(appelée plus
tard matrice de nudging) permettant de passer d'un vecteur
d'observations
à un vecteur d'état
.
Les observations dont on dispose étant réalisées par des
stations-sondes ou des satellites par exemple dans le cas de la
météorologie, elles ne sont pas parfaites. Nous appellerons dans
la suite erreur d'observation la différence entre les observations
et les états réels du système
.
Le nudging consiste alors à chercher une solution
de
l'équation (4.14) qui soit la plus proche possible
de l'échantillonage
. Pour celà, on rajoute un terme de rappel
aux observations aux instants
:
Nous verrons dans la suite que le choix des c
fficients de
est
très important puisque si
est choisie trop petite, l'équation
(4.15) sera pratiquement identique à l'équation
(4.14) et la présence d'observations disponibles ne
sera pratiquement pas exploitée. À l'inverse, si les
c
fficients de la matrice de nudging sont choisis trop grands, la
solution ainsi fabriquée ne sera plus représentative des
équations primitives du modèle. De plus, les différents
c
fficients de
permettent de répartir à toutes les
coordonnées des vecteurs d'état l'information disponible
uniquement sur certaines composantes. Cela permet par exemple dans le
cas d'un océan de propager l'information souvent disponible
uniquement en surface à tous les niveaux de profondeur.
L'avantage de cette méthode par rapport à des méthodes plus
classiques d'assimilation de données est sa simplicité et son
faible coût de mise en
uvre lors de tests numériques. En
effet, à part le choix de
, certes important, la méthode ne
consiste qu'à intégrer l'équation (4.15)
pour obtenir une trajectoire passant relativement près de toutes les
observations et à partir de laquelle des prévisions futures peuvent
être obtenues en intégrant simplement le système initial
(4.14). Nous verrons dans les parties concernant les
applications numériques la qualité des prévisions que l'on
pourra en déduire.