Les calculs ont été effectués avec le logiciel Matlab, en
dimension
, avec un domaine
, et avec
ou
selon les cas. Le pas d'espace a été fixé à
.
Le nombre de pas d'intégration en espace est égal à 50, quelle
que soit la longueur de l'intervalle sur lequel nous avons
travaillé. Le schéma d'intégration utilisé est Euler
implicite, Crank-Nicolson ou Runge-Kutta d'ordre 4 suivant les cas et
la précision voulue. La condition finale choisie est
.
Chacune des figures suivantes, concernant la quasi-réversibilité
appliquée à l'équation de la chaleur, se présente sous la
forme suivante : sur l'axe des abscisses, le temps
; sur l'axe des
ordonnées, la position
(graduée de 0.2 en 0.2) ; et suivant le
dernier axe (vertical), pour les temps négatifs la solution du
problème Q.R. (intégration rétrograde en partant de
)
puis, pour les temps positifs, la solution du problème direct
(intégration directe de l'équation de la chaleur en partant de la
solution finale du problème rétrograde). La qualité de la
méthode se lit alors en comparant le premier instant (condition
finale
recherchée) et le dernier instant (approximation
reconstruite de cette même condition finale). Lorsque ces deux
états sont proches l'un de l'autre, cela signifiera que la méthode
Q.R. nous aura permis de trouver un bon antécédent de
par
l'opérateur de la chaleur.
La figure 4.1 montre les solutions exactes (calculées de
façon analytique) des équations rétrograde et directe de la
chaleur. En séparant les variables temporelle et spatiale de
l'équation (4.6), on peut calculer
analytiquement la solution de l'équation de la chaleur rétrograde,
puis celle de l'équation de la chaleur directe en partant de la
solution précédente. Ces deux solutions sont les mêmes, à un
changement de variable temporelle près, ce qui explique la
symétrie de la figure par rapport au temps 0. On est alors certain
que l'on va retomber sur
au temps
. Néanmoins, même dans
ces conditions particulières, il a été impossible d'intégrer
numériquement l'équation de la chaleur rétrograde, comme nous le
verrons également avec la méthode Q.R. dès que
sera choisi trop petit.
La figure 4.2 montre dans les temps négatifs la solution
du problème quasi-réversible (4.7) avec
, puis dans les temps positifs la solution
du problème direct (4.5) qui en découle. La valeur de
a été choisie par dichotomie de sorte que la trajectoire ainsi
construite suive au plus près la solution exacte tout au long de la
période d'intégration. L'erreur en norme infinie entre la
condition finale attendue
et la condition finale reconstruite
est de l'ordre de
. On peut alors considérer que la
quasi-réversibilité permet bien d'intégrer de façon
rétrograde l'équation de la chaleur pour certaines valeurs
particulières de la condition finale et de
.
La figure 4.3 montre la solution optimale en
des mêmes problèmes, du point de vue de la norme sup de la
différence entre les conditions finales théorique et estimée.
La valeur optimale de
(cherchée par dichotomie) est
, et l'erreur
correspondante est légèrement inférieure à
. Cependant,
comme cela a été évoqué précédemment,
est
trop petit et le problème Q.R. se rapproche de l'équation de la
chaleur rétrograde, rendant les résolutions numériques
particulièrement délicates, voire impossibles. On constate ainsi
que la solution du problème Q.R. atteint des valeurs de l'ordre de
et il est clair que la solution construite est aberrante,
même si elle fournit l'erreur minimale sur la condition finale.
Cependant, la condition finale obtenue est
vraiment proche de
, à quelques infimes oscillations
près. Ceci s'explique vraisemblablement par le fait que l'équation
de la chaleur a tendance à lisser les trajectoires. Cependant, nous
voyons arriver les limites de la méthode Q.R.
Au vu de ces résultats, la longueur de l'intervalle de travail a
été doublé, et désormais,
est égal à
. Les
figures 4.4-a et 4.4-b montrent les solutions
numériques des problèmes Q.R. et direct pour
et
respectivement. Dans le
premier cas,
a été choisi pour que la solution
Q.R. soit la plus proche de la solution exacte au sens de la norme
infinie mesurée sur tout l'intervalle
, alors que dans le
second cas, la valeur de
a été choisie pour
minimiser (toujours en norme infinie) l'écart uniquement entre les
conditions finales. Dans le premier cas (a), l'erreur atteint
(contre
lorsque
était égal à
), et dans le cas
(b), l'erreur est de l'ordre de
(contre
précédemment),
et une fois encore, la solution construite n'a aucun sens.
Cette dernière remarque tend à montrer que la longueur de
l'intervalle de travail est déjà trop importante. De même, les
valeurs de
croissent avec
et atteignent presque
, valeur presque trop grande pour considérer que l'on
travaille encore sur l'équation de la chaleur.
Nous allons néanmoins tester plusieurs variantes de la quasi-réversibilité afin d'essayer d'obtenir de meilleurs résultats sur l'équation de la chaleur.