Contexte
général
Durant
mon activité
scientifique,
je suis resté
marqué par les
cours en
1966-67 (DEA)
de mon futur
directeur de
thèse
Jean-Pierre
Guiraud,
notamment au
sujet des
instabilités
hydrodynamiques
et des
bifurcations.
Mes recherches
se situent
essentiellement
dans le
domaine de la
Dynamique
des
fluides
théorique,
un
mélange
d'analyse
mathématique
et de
dynamique non
linéaire, avec
la contrainte
d'avoir à
traiter les
équations de
la mécanique
des fluides -
Navier-Stokes
(fluides
visqueux) ou
Euler (fluides
parfaits).
Ceci
explique
notamment
pourquoi j'ai
été "invited
speaker" au
Congrès
mondial des
mathématiciens
ICM à Berlin
en 1998 (voir
[C31]), bien
que Président
du Comité
National
Français de
Mécanique de
1997 à
2004
(s'occupe de
la
représentation
française au
Congrès
mondial des
mécaniciens
ICTAM). J'ai
créé en 1980
avec U.Frisch
(Nice) un DEA
"Turbulence et
Systèmes
Dynamiques"
que j'ai
dirigé 15 ans,
et qui a
permis
d'attirer de
bons
étudiants,
finissant par
constituer une
équipe
performante
travaillant
dans ces
domaines. Une
conséquence a
été la
création en
1991 avec mon
Collègue
physicien
Pierre Coullet
(célèbre
notamment pour
sa découverte
avec C.Tresser
de la
renormalisation
dans le
doublement de
période), de
l'Institut non
linéaire de
Nice (INLN),
laboratoire
pluridisciplinaire
mélangeant
mathématiciens,
mécaniciens et
physiciens y
compris
expérimentateurs.
J'ai dirigé
l'INLN de 1991
à 1994. La
récente
évolution de
ce laboratoire
vers l'Optique
(y compris
lourde au
niveau
expérimental),
suivant le
voeux du CNRS
(en opposition
avec l'idée de
départ
présidant à la
création de
l'INLN), a
engendré la
réunion de
tous les
physiciens
dans un seul
laboratoire
INPHYNI.
Ceci a
notamment
entraîné le
départ (ou le
retour) des
mathématiciens
et des
mécaniciens
des fluides
vers le
Laboratoire
J.A.Dieudonné
(labo de
Maths). J'y
fais à nouveau
mes recherches
depuis janvier
2007 en tant
que Professeur
IUF émérite.
J'ai obtenu en
2008 le Prix
Ampère de
l'Académie des
Sciences pour
l'ensemble de
mes travaux.
Pour résumer mon activité de recherche, disons que j'essaie d'appliquer mes outils favoris pour expliquer certains phénomènes physiques au niveau fondamental, souvent à l'aide de discussions avec des expérimentateurs. Je suis aussi intéressé à résoudre des problèmes classiques, longtemps délaissés car jugés trop difficiles, sur lesquels ces méthodes s'avèrent efficaces (voir la section sur les problème de Couette-Taylor et de la convection de Bénard-Rayleigh, et le chapitre sur les vagues).
Dynamique et Bifurcations dans les systèmes de type Navier-Stokes
Ces
travaux
considèrent
les équations
de
Navier-Stokes
comme une
équation
différentielle
dans un espace
de Hilbert,
afin
d'utiliser les
techniques
d'équations
différentielles
ordinaires en
cherchant des
solutions
continues du
temps, à
valeurs dans
le domaine de
l'opérateur
non linéaire
qui est un
espace de
champs de
vecteurs de
dimension
infinie.
L'article [6]
(1971) est axé
sur l'analyse
fonctionnelle,
tandis que
[11] (1972)
donne une
des premières
démonstrations
du fait que la
théorie de la
bifurcation de
Hopf
s'applique aux
équations de
Navier-Stokes
(fait en même
temps et
indépendamment
de D.Sattinger
(Minnesota),
et V.Yudovich
(Rostov). Dans
[18] (1978)
nous donnons
le premier
exemple
concret de
bifurcation de
Hopf dans
Navier-Stokes,
cet exemple
s'avérant a
posteriori
d'un grand
intérêt pour
certains
météo-dynamiciens.
J'ai repris en
2023 la
convection de
Bénard-Rayleigh
avec condition
aux limites
libre-libre,
où les plages
de stabilité
des solutions
bifurquées
sont précisées
(calculs
explicites) en
fonction du
nombre de
Prandtl
(figures dans
[97]
) montrant que
les seules
solutions
stables sont les
rouleaux ou le
pattern en
triangles
(figure
ci-dessous).

L'article
[14] (1977)
donne
notamment une
démonstration
simple (la
1ère dém.
étant due à
Kato et
Fujita) de
l'analyticité
en temps de la
solution du
problème de
Cauchy pour
les équations
de
Navier-Stokes
(quelques
années avant
une autre
démonstration
par Foias et
Témam). Ceci
était utile
pour
construire
l'application
de Poincaré au
voisinage
d'une solution
périodique,
afin
d'employer la
réduction à
une variété
centrale pour
difféomorphismes,
et arriver à
montrer
l'existence de
bifurcations
notamment vers
des solutions
quasi-périodiques
(voir les
livres [M1] et
[M2] (niveau
undergraduate)).
Noter que
le livre
[M2] sur la
théorie
élémentaire
des
bifurcations
avec
D.D.Joseph
(1980), de
niveau
undergraduate,
avec exercices
(au moins pour
les 8 premiers
chapitres), a
eu un certain
succès
(traduit en
russe et en
chinois,
plusieurs
tirages et
nouvelle
édition en
1990). Les
livres [M5]
(avec Mariana
Haragus) et
[M6] (en
français)
donnent un
point de vue
"moderne" des
techniques
utilisables
dans les
problèmes
d'instabilités
et
bifurcations
régis par des
EDP issues de
la physique
(voir plus
bas).
En 2025 en
collaboration
avec E.Grenier
et D.Bian,
nous étudions
la bifurcation
de Hopf d'une
couche limite
visqueuse dans
le demi-plan
(non borné en
y, périodique
en x). Malgré
la présence
pour
l'opérateur
linéarisé,
d'un spectre
essentiel
contenant tout
l'axe réel
négatif, nous
montrons la
stabilité
asymptotique
(décroissance
en 1/t) de
l'onde
progressive en
cas de
bifurcation
supercritique
BGI2025.
Bifurcations
vers
des tores
invariants
pour les
mappings
[20, 21, 33]
Le but
était de
comprendre
notamment
certains
résultats
expérimentaux
sur la
convection de
Bénard-Rayleigh
en petite
boîte, où
plusieurs
fréquences
apparaissent
après une
succession de
bifurcations.
Dans les deux
premiers
articles [20]
(90p.), [21]
(1979) avec A.
Chenciner
(Paris), nous
donnons des
conditions
suffisantes
sur une
famille de
mappings ayant
un tore
invariant,
afin d'obtenir une
bifurcation
vers un tore
de dimension
plus grande.
Ces conditions
portent sur
l'opérateur
linéarisé,
incluant des
conditions
diophantiennes
sur le nombre
de rotation et
sur les
valeurs
propres,
semblant très
restrictives à
cette époque.
Cependant,
quelques
années plus
tard, nous
avons montré,
avec J.Los
[33] (1988)
(Marseille)
que ces
bifurcations peuvent
apparaître
quasi-génériquement, au sens qu'un paramètre additionnel donne
une
description de
telles
bifurcations
sur un
ensemble de
Cantor de
l'espace des
paramètres.
Bifurcation
vers
des patterns
quasi-périodiques
[82]
(2009) Avec
A.Rucklidge
(Leeds), nous
étudions
les patterns
spatialement
quasi-périodiques,
comme dans
l'expérience
de Faraday (où
on secoue
périodiquement
une couche de
fluide
horizontale),
et dans la
convection de
Bénard-Rayleigh.
On utilise des
estimations
Gevrey pour
prouver
l'existence de
solutions
quasi-périodiques
de l'équation
aux dérivées
partielles
modèle de
Swift-Hohenberg
(dans le
plan), à un
reste
exponentiellement
petit près.
Dans [C35]
(2009) je
montre que ce
résultat
s'étend au
problème de
convection
stationnaire
de
Bénard-Rayleigh.
Dans [86] avec
M.Argentina
(Nice) nous
considérons le
"vrai"
problème de
Faraday dans
une couche
mince de
fluide
visqueux
soumise à une
oscillation
harmonique
verticale.
Nous donnons
un nouveau
processus pour
obtenir
formellement un
quasipattern
en partant
d'une
instabilité où
les
oscillations à
la fréquence
moitié et
celles à la
fréquence de
forçage sont
critiques en
même temps.
Dans [89] avec
B.Braksmaa et
L.Stolovitch,
nous donnons
la première
preuve
mathématique
(difficulté
liée à la
présence de
"petits
diviseurs")
de la
bifurcation de
quasipatterns
pour l'EDP de
Swift-Hohenberg. Dans
[92] on montre
que la
superposition
de deux
patterns
périodiques
hexagonaux,
donne en
général un
quasipattern
de structure
dodécagonale,
voir des
résultats
généraux dans
l'article
[94]
avec
A.Rucklidge
(figure
ci-dessous).
Dans
[90] ,
avec
B.Braaksma, on
montre que les
résultats
d'existence
s'étendent à
la convection
de
Bénard-Rayleigh
(long et
technique).

Le
problème de
Couette-Taylor
[27, 28, 38,
42, 44], Livre:
[M3]




Ces
articles
et le livre
[M3] (1994)
écrit avec
P.Chossat,
étudient le
problème de
Couette-Taylor
(problème
vieux de plus
d'un siècle)
des
instabilités
d'un fluide
visqueux
compris entre
deux cylindres
co-axiaux en
rotations
uniformes. Ma
petite équipe
et moi-même
avons
travaillé
environ 10
ans,
théoriquement
et
numériquement,
sur ce sujet,
en
concertation
avec des
équipes
expérimentales
américaines
(H.Swinney,
R.Tagg,
D.Andereck)
permettant des
découvertes,
des
comparaisons
et des
confirmations,
y compris
quantitatives
. Nous avons
pu prédire
(1985) par
exemple la
structure en
"rubans" qu'on
peut obtenir
lorsque
l'écoulement
de Couette
perd sa
stabilité
alors que les
cylindres
tournent en
sens
contraires.
Cet écoulement
a été observé
plus tard par
R.Tagg
(Colorado) et
correspond à
des ondes
stationnaires
dans la
direction
axiale, et
rotatives dans
la direction
azimuthale.
Nous avons en
fait utilisé
de façon
systématique
la réduction à
une variété
centrale et
les symétries
brisées par
les modes
critiques,
afin d'aboutir
(en les
justifiant) à
des équations
d'amplitudes
faciles à
étudier. De
plus, [27]
(1986) donne
une preuve
simple d'une
telle réduction
au voisinage
d'une orbite
de groupe non
triviale
(cercle,
tore,...), et
permet
d'expliquer
simplement la
grande variété
des
écoulements
physiquement
observés, qui
bifurquent
quand les
rouleaux de
Taylor perdent
leur
stabilité.
Dans
[28] (1987)
nous étudions
la compétition
entre deux
types de modes
critiques
oscillants,
qui se réduit
à l'étude d'un
système
différentiel
de dimension 8
(variété
centrale), et
permet
d'interpréter
quelques
résultats
expérimentaux
de l'équipe
d'Andereck
(Ohio) et
R.Tagg
(Colorado),
comme le
régime en
"spirales
interpénétrantes".
Dans [38]
(1989) et [44]
(1991) avec
A.Mielke
(Stuttgart),
nous étudions
les solutions
stationnaires
ou périodiques
du temps, en
ne faisant
plus
l'hypothèse de
périodicité
axiale. Ici la
coordonnée
axiale joue le
rôle du temps
dans un
système qui
est alors réversible.
Ceci donne de nouvelles solutions des équations de Navier-Stokes, comme
des solutions axialement quasi-périodiques ([42] avec J.Los, 1990), des
solutions ressemblant à l'écoulement de Couette au centre, et aux
rouleaux de Taylor aux extrémités, et nous montrons aussi
l'existence d'une solution de type "défaut" connectant deux écoulements
en ondes hélicoïdales symétriques. Cet écoulement est souvent observé
en premier pour une certaine plage des paramètres où les cylindres
tournent en sens inverses. Tout récemment, un travail en coopération
avec E.Grenier (Pékin) et son équipe étudie ;e problème de
Couette-Taylor lorsque les rayons des cylindres sont très proches
(small gap). Nous obtenons de nouvelles ondes rotatives avec
modulation localisée dans la direction azimuthale BGIY.
Le livre [M3]
constitue la
réponse à la
plupart des
questions
posées par
R.Feynman sur
le problème de
Couette-Taylor
("one
of the most
challenging
problems in
fluid
mechanics")
à la fin du
second volume
sur
l'électromagnétisme,
de son fameux
cours de
physique.
Formes Normales générales et applications
La section sur le problème de Couette-Taylor utilise déjà la réduction à une forme normale pour arriver à des équations aux amplitudes (variété centrale) faciles à étudier, grâce aux symétries du système. Cette réduction est également utilisée en théorie des vagues (voir le chapitre suivant) dans le cadre des systèmes réversibles. Cette section concerne les résultats généraux et d'autres applications que celles citées ci-dessus.
Les
formes
normales et
les systèmes
réversibles ,
[29, 31, 40],
[69], [74], Livres:
[M4], [M5],
[M6]
La
recherche de
"formes
normales pour
simplifier
l'étude locale
de champs de
vecteurs au
voisinage
d'une
situation
singulière,
est un sujet
qui remonte à
Poincaré,
Birkhoff et,
plus
récemment,
V.Arnold.
L'article [29]
(1987) qui est
mon article le
plus cité,
résulte d'une
collaboration
notamment avec
des physiciens
chiliens, et
permet une caractérisation
simple des
formes
normales,
utilisant
seulement des
outils
analytiques
élémentaires
(évitant la
géométrie
algébrique).
Une partie de
notre résultat
est en fait
inclus dans un
article
antérieur (peu
lisible) de
Belitskii.
Notre résultat
est maintenant
classique est
fait
partie
de logiciels
de calculs
(livre de
S.N.Chow).
L'article [31]
(1988) étend
le résultat
aux champs de
vecteurs
périodiques du
temps. Dans
[40] (1990,
mon 2ème
article le
plus cité)
avec
P.Coullet,
nous donnons
la liste
des 10
bifurcations
génériques
possibles d'un
pattern
stationnaire
périodique
dans une
direction,
solution d'un
système
invariant par
translation et
réflection
(comme dans de
nombreux
problèmes
d'instabilités
hydrodynamiques).
Nous donnons
notamment la
preuve qu’une
bifurcation
avec rupture
de la symétrie
de réflection
pour un
pattern
périodique
d'un tel
système, peut
produire une
onde
progressive
lente. Cet
article reste
une référence
pour de
nombreuses
évidences
expérimentales
observées
depuis sa
parution.
Je me suis
aussi, plus
spécialement,
intéressé à la
résolution des
bifurcations
de
systèmes
réversibles
(le champ de
vecteurs
anticommute
avec une
symétrie), où
il apparaît
que la
forme normale
est le plus
souvent
intégrable.
Ces systèmes
sont très
fréquents en
Physique et en
Mécanique
(voir le
chapitre sur
la théorie des
vagues). Mon
travail le
plus cité est
[49] (1993)
avec
M.C.Pérouème
sur la
résonance 1:1
où nous
avons pu
trouver
presqu'explicitement
des solutions
homoclines
alors que les
spécialistes
se bornaient
jusqu'alors à
chercher les
solutions
périodiques.
Ce résultat
est maintenant
utilisé non
seulement dans
les tiges
élastiques,
mais aussi
dans les
systèmes
hamiltoniens,
comme en
optique non
linéaire.
Une
série de cours
faits à
Stuttgart en
1990 a
engendré le
petit livre
[M4] (1992),
écrit avec
M.Adelmeyer
(Zurich) et
réédité en
1999.
Avec Mariana
Haragus
(Besançon),
nous avons
écrit le livre
[M5]
(329p.,
Springer UTX
series et EDP
Sciences,
2011) qui
contient
toutes les
démonstrations
pour les
variétés
centrales et
formes
normales, et
qui contient
beaucoup
d'exercices et
problèmes
(résolus)
testés dans
des cours de
DEA à Nice,
Bordeaux,
Besançon,...
Son
originalité
est de traiter
spécifiquement
les
systèmes de
dimension
infinie,
en donnant les
conditions les
plus
accessibles
pour permettre
d'utiliser ces
techniques, le
calcul
explicite des
formes
normales, et
comment
obtenir les
différentes
bifurcations,
avec un
chapitre
particulier
pour les bifurcations
des systèmes
réversibles.
Dernièrement,
avec Mariana
Haragus nous
montrons [93]
l'existence
des défauts
symétriques
dans la
convection de
Bénard-Rayleigh,
ce qui utilise
notamment la
théorie des
formes
normales pour
un système
réversible
(ici c'est la
direction
horizontale x
qui joue le
rôle du
temps), pour
montrer
l'existence
d'une solution
hétérocline,
connectant les
deux régimes
de rouleaux
symétriques
par rapport à
0y. Ces
résultats sont
complétés dans
[95] avec des
conditions aux
limites
mixtes. Enfin
le problème
des défauts en
rouleaux se
rencontrant
orthogonalement,
où les
solutions à
l'infini ne
sont plus
symétriques,
est traité en
collaboration
avec B.Buffoni
dans [96] par
une méthode
variationnelle.
Ce défaut en
rouleaux
orthogonaux
est maintenant
complètement
démontré par
une étude
analytique
(technique)
[98], [99].
Dans les articles [69] et [74] (2005) avec Eric Lombardi, nous étendons pour des champs de vecteurs analytiques assez généraux, la possibilité de trouver un reste exponentiellement petit, en optimisant le nombre de termes dans la forme normale. Ce type de résultat était seulement connu pour certains champs de vecteurs hamiltoniens. On utilise le même type de technique dans [83] (2009) pour obtenir des variétés centrales analytiques, à un terme exponentiellement petit près (ce qui permet de simplifier considérablement certaines démonstrations antérieures donnant des solutions avec des "queues" exponentiellement petites). On suggère également des applications en théorie des vibrations non linéaires de structures, où on peut maintenant justifier certaines techniques utilisées par les ingénieurs sous le vocable "modes normaux non linéaires".
Application
des
méthodes de
réductions aux
réseaux
d'oscillateurs
[61],
[62], [73],
[78]
L'article [61] (2000) avec K.Kirchgässner (Stuttgart) montre que l'on peut utiliser les méthodes de réductions (variété centrale et forme normale) pour l'étude locale des ondes progressives dans les réseaux discrets (infinis) de masses ou d’oscillateurs interagissant avec leur proches voisins (notamment Fermi-Pasta-Ulam, et Klein-Gordon) [61], [62] (2000). La difficulté est de montrer que la réduction à une variété centrale s'applique, malgré l'allure du spectre de l'opérateur linéarisé (commune à tous les réseaux de ce type). Nos résultats ont considérablement enrichi l'ensemble des solutions accessibles analytiquement. L’article de revue [73] (2005) avec G.James fait le point des résultats qui utilisent notre méthode, notamment pour la recherche des "travelling breathers".
Le
problème de
convection de
Bénard-Rayleigh [93], [95], [96], [97], [98], [99], [M8]
Mon Directeur de Thèse Jean-pierre Guiraud m'a introduit aux instabilités hydrodynamiques, notamment dans le problème de Couette-Taylor (voir plus haut) et aussi celui de la convection de Bénard-Rayleigh. Il s'agit ici des instabilités d'une couche de fluide visqueux comprise entre deux plans horizontaux, soumise à un chauffage par en dessous, les conditions aux limites pouvant être de 3 types différents: rigide-rigide, rigide-libre ou libre-libre.
Commençant sur la situation "classique", je me suis intéressé déjà en 1977 ([16] avec R.Lozi) au problème Dynamo (création par bifurcation de Hopf d'un champ magnétique lorsque le fluide est conducteur et que la convection est 3-dim) , et me suis aussi intéressé à la convection en fluide compressible [43] (collaboration CEA). Tout récemment, j'ai repris le système des équations de bifurcation pour le problème de convection libre-libre, qui permet des calculs explicites. J'ai ainsi pu montrer [97] que, contrairement aux idées reçues, les seules solutions périodiques bifurquées possiblement stables selon le nombre de Prandtl, sont non seulement les rouleaux bi-dim (classiques) mais aussi le pattern en triangles équilatéraux (plus original, voir la figure plus haut).
Enfin,
une
série de 5
articles
plutôt épais
est consacrée
à l'étude de
certains
défauts dans
les patterns
de convection.
Avec Mariana
Haragus, nous
avons
considéré dans
un premier
temps le
défaut où deux
régimes de
rouleaux se
rencontrent
symétriquement
en faisant un
certain angle
[93], [95] :
ceci utilise
la dynamique
spatiale, la
réduction à
une variété
centrale de
dimension 13,
et une mise
sous forme
normale des
termes
cubiques,
complétée par
une étude de
persistance
d'hétérocline
symétrique
obtenue sur le
système
tronqué de
dimension 8.
Dans un
deuxième
temps, en
collaboration
avec Mariana
Haragus et
Boris Buffoni
(EPFL) nous
avons
considéré le
défaut où deux
systèmes de
rouleaux se
rencontrent
orthogonalement
[96] et montré
comment on
arrive (via
dynamique
spatiale,
variété
centrale et
forme normale
(encore) en
dimension 13
(!)) à un
système
tronqué de
dimension 6 où
une méthode
variationnelle
permet de
montrer
l'existence de
l'hétérocline
(non
symétrique
ici) qui
correspond au
défaut
recherché.
J'ai pu
ensuite
montrer
analytiquement
l'existence et
les propriétés
de cette
hétérocline
[98] et j'ai
pu montrer sa
persitance
pour le
système
complet de
Navier-Stokes-Boussinesq
[99],
aboutissant à
une famille de
défauts où les
nombres d'onde
aux deux
infinis
(différents)
s'adaptent à
une
translation
modulée des
rouleaux
parallèles au
défaut. Les
résultats
mathématiques
récents sur le
sujet sont
rassemblés
dans le
livre
[M8].
Théorie des vagues
J'ai débuté en théorie des vagues vers 1990, influencé par K.Kirchgässner (Stuttgart) et Frédéric Dias (maintenant à Dublin), nouvellement arrivé dans mon labo. Mes derniers résultats sur le Clapotis et sur les vagues tridimensionnelles (symétriques ou non par rapport à la direction de propagation) sont dans 3 articles épais (environ 100p. chacun) comme c'est souvent le cas lorsqu'on résout des problèmes de petits diviseurs.
Application
des
méthodes de
réduction aux
vagues [46,
49, 63]
Matisse
1952
Ces
articles
considèrent le
problème des
vagues (ondes
progressives)
bi-dimensionnelles
(problème
datant de
Stokes, il y a
plus de 170
ans). On
adapte la
réduction à
une variété
centrale,
initiée par
K.Kirchgässner
sur les
systèmes
elliptiques en
domaine
cylindrique
(on considère
la coordonnée
d’espace non
bornée comme
un temps et on
traite le
problème comme
un problème
d’évolution,
bien que le
problème de
Cauchy soit
mal posé), et
on y ajoute la
réduction sous
forme normale
des systèmes
réversibles.
Nous avons pu
prouver [41]
(1990) et [49]
(1993, cité
plus haut)
l'existence
d'un nouveau
type d'onde
solitaire,
avec des
oscillations
amorties à
l'infini, qui
a été une
surprise pour
les
spécialistes,
et qui semble
être
observable
dans des
circonstances
particulières
(cf. ref. dans
[63]) . Dans
[46] (1992)
nous
complétons les
résultats
antérieurement
connus, en
initiant
notamment un
important
travail sur la
bifurcation
des ondes
solitaires
généralisées,
ayant une
"queue"
exponentiellement
petite à
l'infini (cf.
Lecture Notes
in Maths 1741
d'E.Lombardi).
Mes travaux
dans ce
domaine ont
été reconnus
d’une part par
un prix Max
Planck - von
Humboldt en
1993 (avec
K.Kirchgässner),
d’autre part
par le
privilège
(c’en est un
pour un
mécanicien !)
d’une
invitation à
faire une sectional
lecture au
Congrès
International
des
Mathématiciens
de Berlin en
1998 .
L’ensemble des
résultats
obtenus dans
cet état
d’esprit (même
en vagues
3-dim), a fait
l’objet de
l’article [63] (2003) de revue écrit avec F.Dias
(Cachan) pour
le Handbook of
Mathematical
Fluid
Dynamics. Une
version courte
[C31] a été
présentée au
Congrès ICM à
Berlin.
Bifurcations
de
vagues à
partir d'un
spectre
continu [52,
59, 65, 66,
75]
Le
problème
mathématique
de la
recherche des
ondes
progressives
est plus
difficile
lorsqu'une des
couches de
fluide est
d'épaisseur
infinie.
L'examen des
échelles de
longueur
montre que
considérer
l'épaisseur
comme infinie
est pertinent
dans la
plupart des
cas, si l'on
souhaite un
domaine de
validité non
négligeable
des résultats
mathématiques.
Une fois
formulé comme
un système
dynamique
spatial, on
montre que le
spectre de
l'opérateur
linéarisé
contient l'axe
réel tout
entier
(spectre
essentiel).
Ceci empêche
l'usage de la
réduction à
une variété
centrale comme
ci-dessus.
J’ai montré
que cela ne
perturbait pas
en général la
recherche des
ondes
progressives
périodiques
[59] (1999),
malgré la
résonance due
au spectre en
0 (on retrouve
ainsi le
résultat de
Lyapounov -
Devaney établi
en dimension
finie et en
l’absence de
résonance)
(bien que mon
résultat soit
techniquement
simple, il est
régulièrement
cité).
Nous avons dû
construire une
théorie
de
formes
normales en
présence d'un
spectre
essentiel réel.
Dans
[52] (1996)
avec
P.Kirrmann
(une couche de
fluide
d'épaisseur
infinie, avec
tension de
surface à la
surface
libre), nous
montrons
l'existence
d'ondes
solitaires
avec
oscillations
amorties à
l'infini, mais
à décroissance
polynomiale,
au lieu
d'exponentielle
comme en
profondeur
finie. Dans
[65] (92p.) et
[66] (2002-03)
avec
E.Lombardi et
S.Sun
(Virginia
Tech) (deux
couches
superposées,
dont une
infinie, et
tension de
surface à la
surface
libre), nous
sommes en
présence d'un
couplage entre
une
oscillation
naturelle et
une
décroissance
polynomiale
lente à
l'infini. On
montre comment
l'équation de
Benjamin - Ono
apparaît
naturellement
ici, couplée
avec un
oscillateur,
engendrant la
bifurcation
d'ondes
solitaires
généralisées,
avec
oscillations
exponentiellement
petites à
l'infini.
Noter qu'ici,
l'effet du
spectre
essentiel se
situe à
distance
finie,
contrairement
à [52].
La
généralisation
de ces études,
et
l'établissement
d'hypothèses
génériques,
notamment sur
la résolvante
de l'opérateur
linéarisé au
voisinage de
0, qui
conduisent à
ce type de
bifurcation
est l'objet
des travaux de
Matthieu
Barrandon
(thèse en
2004). Un
article de
revue [75]
(2005) écrit
avec
M.Barrandon
fait le point
des résultats
récents sur ce
thème.
Ondes
stationnaires
de gravité: le
Clapotis
[60, 64, 68
(112p.), 71,
72, 80] (avec
J.Toland et
P.Plotnikov)
Le problème
très
classique de
l’écoulement
potentiel
bidim périodique
en
temps et
coordonnée
horizontale,
d'une couche
fluide de
profondeur
infinie,
symétrique par
rapport à la
verticale,
avec surface
libre et en
l’absence de
tension de
surface, a
intéressé
notamment
Boussinesq
(1877) et
Rayleigh
(1915). La
difficulté
provient de
l'infinité de
résonances, et
du fait que
dans la
formulation,
les termes non
linéaires
interviennent
avec un ordre
de dérivation
plus grand que
pour les
termes
linéaires. La
note [80]
(2007) écrite
en l'honneur
de Boussinesq,
replace son
travail
séminal dans
le cadre
actuel.
Dans [60]
(1999) et [64]
(2002) j'ai
simplifié et
amélioré les
résultats
précédents de
Toland et
Amick (1987)
sur
l'existence
d'une série
formelle en
puissances de
l'amplitude,
pour une onde
stationnaire,
en
satisfaisant
l'infinité de
conditions de
compatibilité.
De plus, j'ai
donné une
infinité de
solutions
différentes,
multi-modales
à l'ordre
principal.
Dans [68,
112p.] (2005),
complété par
[71] et [72],
avec
P.Plotnikov
(Novosibirsk)
et J.Toland
(Bath), nous
arrivons à
montrer
l'existence
des solutions
stationnaires
unimodale et
multimodales,
pour des
valeurs de
l'amplitude
dans un
ensemble asymptotiquement
de mesure
pleine à
l'origine.
Ce travail
technique
résout, d'une
part la
difficulté de
la
dégénérescence
complète
(noyau de
l'opérateur
linéarisé de
dimension
infinie),
d'autre part
la perte de
régularité des
termes non
linéaires,
nécessitant
l'application
du théorème
des fonctions
implicites de
Nash-Moser. Il
faut alors
choisir des
coordonnées et
des variables
convenables
afin de
pouvoir
inverser en
tout point
voisin de 0,
la
différentielle
qui apparaît
sous la forme
d'une équation
hyperbolique
non locale en
espace, à
coefficients
périodiques,
faisant
intervenir un
problème
de petits
diviseurs.
Vagues
de gravité
tri-dimensionnelles
[M7,
128p.], [84],
[85,
87p.] (avec
P.Plotnikov)
Vagues
3-dimensionnelles
symétriques
(ondes à
courtes
crêtes).
Avec
P.Plotnikov
[79] (Memoirs
of AMS 2009,
128p.), nous
avons
considéré les
ondes
progressives
bi-périodiques
à la surface
(libre) d’une
couche
(infiniment
profonde) de
fluide parfait
en écoulement
potentiel,
soumise à la
seule gravité,
qui résultent
de
l’interaction
non linéaire
de deux ondes
planes périodiques
faisant un
angle 2ø entre
leurs vecteurs
d’onde.
L’équation de
dispersion
donne les
valeurs
critiques µ = cosø du
paramètre sans
dimension µ
(dépend de la
longueur
d'onde le long
de la
direction de
propagation,
et de la
vitesse de la
vague). Pour
les cas
non-résonants,
on construit
formellement
une famille
d’ondes
tri-dimensionnelles,
sous la forme
de
développements
en puissances
des amplitudes
des deux ondes
incidentes.
Les ondes
symétriques
par rapport à
la direction
de propagation
(dites "à
courtes
crètes") sont
un cas
particulier où
les deux
amplitudes
sont égales.
L’objet
principal de
l'article [79]
a été de
montrer l’existence
de ces
solutions
symétriques,
dont le
développement
mentionné plus
haut constitue
le
développement
asymptotique
(figure
ci-dessous). La
présence de
petits
diviseurs
induit la
nécessité de
savoir
inverser
l’opérateur
linéarisé en
tout point au
voisinage de
0, afin
d’appliquer le
théorème de
Nash-Moser.
L’opérateur
ainsi obtenu
est la somme
d’un opérateur
de dérivation
du second
ordre dans la
direction de
la projection
horizontale de
la vitesse des
particules de
fluide, et
d’un opérateur
pseudo-différentiel
du premier
ordre, tous
les deux
dépendant
périodiquement
des
coordonnées
horizontales.
L’inversion
d’un tel
opérateur est
ici la
difficulté
principale.
Les obstacles
sont nombreux,
notamment la
recherche d’un
difféomorphisme
du tore qui
rend constant
les principaux
coefficients
de l’opérateur
précédent, le
contrôle des
petits
diviseurs qui
nécessite de
préciser un
résultat
d’H.Weyl, et
l’implémentation
d’une méthode
de descente
assez générale
qui permet de
ramener
l’inversion de
l’opérateur
linéaire à
l’inversion
d’un opérateur
de Fredholm.
On montre
alors que,
pour presque
tout angle ø,
les
ondes
tri-dimensionnelles
bifurquent
pour des
"bonnes"
valeurs de µ
dans un
ensemble
asymptotiquement
de mesure
pleine au
voisinage de
la courbe µ =
cosø du plan
des paramètres.
L'infinie
régularité de
ces solutions
périodiques
est maintenant
démontrée par
T.Alazard et
G.Métivier,
grace à
l'utilisation
de la
technique du
calcul
paradifférentiel
(cf l'article
pédagogique
sur le sujet
paru dans la Gazette des Mathématiciens,
en oct 2010).
Il est aussi
intéressant de
noter que la
partie
principale de
ces vagues
symétriques
correspond
exactement aux
résultats
expérimentaux
obtenus
notamment par
D.Henderson à
Penn State en
2005 (voir ref
dans [M7]).


Vagues
3-dimensionnelles
asymétriques. Avec P.Plotnikov [84] [85]
(ARMA 2010,
87p.), nous
prolongeons le
résultat
précédent au
cas des vagues
périodiques
pour
lesquelles le
réseau des
longueurs
d'ondes est
non symétrique
par rapport à
la direction
critique de
propagation
donnée par
l'équation de
dispersion (la
direction de
propagation
est une des
inconnues du
problème). On
doit, encore
ici, trouver
un
difféomorphisme
du tore avec
la même
propriété que
dans le cas
précédent pour
la
différentielle
au voisinage
de 0, mais
avec la
difficulté
supplémentaire
d'avoir à
prendre pour
le champ des
projections
horizontales
de la vitesse
des
particules, un
nombre de
rotation
vérifiant une
condition diophantienne (d'irrationalité) (alors que ce
nombre vaut 1
dans le cas
symétrique
précédent). Ce
difféomorphisme
fait
alors partie
intégrante des
inconnues du
problème,
ainsi que le
nombre de
rotation, afin
d'éviter
d'avoir à
utiliser une
infinité de
fois le
théorème de
Nash-Moser.
Nous obtenons
alors un
résultat
similaire au
cas
symétrique,
ici avec les
deux
amplitudes le
long des ondes
de bases, ou de
façon
équivalente,
en termes du
paramètre µ
et de la
direction de
propagation,
appartenant à
un sous
ensemble de
mesure
asymptotiquement
pleine au
point de
bifurcation,
ceci pour
presque tout
(au sens de
Lebesque)
choix d'angles
faits par les
deux vecteurs
d'onde de base
avec l'axe des
x (figure
ci-dessous).
Une conséquence, intéressante au niveau expérimental (plus difficile à faire), est que pour les solutions précédentes, on montre que dans le référentiel qui est lié aux vagues, la direction moyenne prise par la projection horizontale des trajectoires des particules de fluide à la surface libre, diffère de la direction de propagation des vagues. Il s'agit d'une "dérive directionnelle de Stokes", par analogie au phénomène connu pour les vagues bidimensionnelles, où la vitesse moyenne horizontale des particules est non nulle.
